matin jusqu’à trois Mercredy. Faites-moi savoir si je dois venir chez vous, je suis tout malade, mais mort ou vif vous me verrez chez vous si vous l’ordonnez, [1464 - Я снова раскрываю мое письмо, чтобы сообщить вам, что Блудов ждет вас с нетерпением с десяти утра до трех в среду. Дайте мне знать, должен ли я притти к вам, я совсем болен, но мертвым или живым вы увидите меня у себя, если вы это прикажете.]

Адрес: Его высокоблагородию м.[илостивому] г.[осударю] Александру Сергеевичу Пушкину. На Мойке, у Конюшенного моста, в доме кн. Волконского.


1267. П. Я. Чаадаеву. 19 октября 1836 г. Петербург.

19 oct.

Je vous remercie de la brochure que vous m’avez envoyée. J’ai été charmé de la relire, quoique très étonné de la voir traduite et imprimée. Je suis content de la traduction: elle a conservé de l’énergie et du laisser-aller de l’original. Quant aux idées, vous savez que je suis loin d’être tout à fait de Votre avis. Il n’y a pas de doute que le Schisme nous a séparé du reste de l’Europe et que nous n’avons pas participé à aucun [1465 - В подлиннике: acun] des grands évênements qui l’ont remuée; mais nous avons eu notre mission à nous. C’est la Russie, c’est son immense étendue qui a absorbé la conquête [1466 - Переделано из conquêtes] Mogole [1467 - В подлиннике: Mogoles]. Les tartares n’ont pas osé franchir nos frontières occidentales et nous laisser [1468 - В подлиннике описка: baisser] à dos. Ils se sont retirés vers leurs déserts, et la civilisation Chrétienne a été sauvée. Pour cette fin, nous avons du avoir une existance tout-a-fait à part, qui en nous laissant Chrétiens, nous laissait cependant tout-à-fait étrangers au monde Chrétien, en sorte que notre martyre ne donnait aucune distraction à l’énergique développement de l’Europe catholique. Vous dites que la source où nous sommes allé puiser le Christianisme était impure, que Byzance était méprisable et méprisée etc. — hé, mon ami! Jésus Christ lui-même n’était-il pas né juif et Jérusalem n’était-elle pas la fable des nations? l’évangile en est-il moins admirable? Nous avons pris des Grecs l’évangile et les traditions, et non l’esprit de puérilité et de controverse. Les mœurs de Byzance n’ont jamais été celles de Kiov. Le clergé Russe, jusqu’à Théophane, a été respectable, il [1469 - Переделано из ils] ne s’est jamais soulié des infamies du papisme et certes n’aurait jamais provoqué la réformation, au moment ou l’humanité avait le plus besoin d’unité. Je conviens que notre clergé actuel est en retard. En voulez-vous savoir la raison? c’est qu’il est barbu; voilà tout. Il n’est pas de bonne compagnie. Quant à notre nullité historique, décidément je ne puis être de votre avis. Les guerres d’Oleg et de Sviatoslav, et même les guerres d’apanage n’est-ce pas cette vie d’effervescence aventureuse et d’activité âpre et sans but qui caractérise la jeunesse de tous [1470 - Переделано из tout] les peuples? l’invasion des tartares est un triste et grand tableau. Le reveil de la Russie, le développement de sa puissance, sa marche vers l’unité (unité
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Пушкин А.С.   Переписка 1826-1837